Quelle gouvernance pour les projets Data ?
DATA
Lorena Aguiar Franjoux
1/7/2026


Pourquoi parler de gouvernance des données ?
Toutes les organisations collectent aujourd’hui une grande quantité de données, cela concerne aussi bien les métiers des organisations, les projets, que les ressources humaines.
Mais accumuler la donnée n’a de sens que si elle est utile, lisible et maîtrisée. La gouvernance des données, c’est précisément ce cadre qui permet à chacun (directions, équipes métier, partenaires) de s’appuyer sur des données fiables et bien gérées pour décider et agir.
Vers une gestion responsable de la donnée : les 5V
Face à la profusion de données, il est essentiel de ne pas tout stocker “par défaut”, mais de choisir ce qui a de la valeur pour l’organisation. Dans la data, on parle des 5V :
Volume : la quantité de données disponibles
Vélocité : la rapidité avec laquelle elles sont générées ou reçues
Variété : les formats, les sources, la complexité
Véracité : la fiabilité, la qualité, la cohérence
Valeur : l’utilité réelle pour les actions ou les décisions
Dans une logique responsable et sobre, il est important de privilégier les données pertinentes, au bon moment, plutôt que de tout conserver sans distinction — ce qui alourdit inutilement les systèmes, coûte de l’énergie et ralentit les processus. Alors on se concentre sur les 2 dernière V : Véracité et Valeur
Connaître ses processus, pour mieux cadrer la donnée
Pour bien gouverner ses données, il faut connaître ses processus métiers. Prenons un exemple courant :
Un utilisateur s’inscrit à une offre → il est orienté, accompagné, puis évalué → à chaque étape, des données sont créées, modifiées ou croisées.
Cartographier ces flux permet de :
savoir où circule la donnée
identifier les points de friction ou de transformation
évaluer sa qualité (unicité, complétude, exactitude, fraîcheur, cohérence)
Sécurité, responsabilité et cadre légal
Toute organisation traitant de la donnée — surtout quand elle touche à des personnes — est responsable de sa gestion. La gouvernance des données inclut donc :
La sécurisation des flux entrants et sortants
La gestion des accès (qui voit quoi ?)
La documentation des finalités d’usage
Le cycle de vie de la donnée : durée de conservation, archivage, suppression
Ces éléments sont essentiels pour rester conforme au RGPD, mais aussi pour maintenir un haut niveau de confiance avec vos parties prenantes (usagers, financeurs, partenaires…).
L’architecture : faire avec l’existant, bien dimensionner
Les systèmes d’information ne sont pas toujours neufs ni harmonisés, surtout dans l’ESS. Une bonne gouvernance des données prend en compte :
les contraintes de l’existant (bases hétérogènes, outils vieillissants…)
les flux réels de données (volume, fréquence, format)
les besoins de performance pour les usages terrain
Pas besoin d’un “gros” système, mais d’une architecture qui permette de centraliser, de fiabiliser et de valoriser ce qui compte.
Des rôles clairs pour des responsabilités partagées
La gouvernance repose aussi sur une bonne répartition des rôles, adaptés à la taille et aux moyens de votre organisation. Voici les profils les plus fréquents :
Sponsor : Porte la vision, donne les moyens, soutient la démarche
Référent métier : Donne du sens à la donnée, relie au besoin terrain
Data steward : Supervise la qualité, la documentation, les accès
Analyste : Produit les indicateurs, facilite la lecture de la donnée
Référent RGPD : Garantit la conformité et les bonnes pratiques de protection
Dans une petite structure, ces rôles peuvent être mutualisés. L’essentiel est qu’ils soient identifiés, responsabilisés et qu’ils travaillent ensemble.
En résumé
La gouvernance des données n’est pas un sujet “technique” réservé aux grandes structures. C’est un levier puissant pour :
Valoriser ce que l’on sait déjà
Fiabiliser ses décisions
Protéger ses bénéficiaires et ses partenaires
Éviter les gaspillages de ressources
Faire de la donnée un outil utile, sobre et partagé

